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Quand l’influence est au service du bien commun

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Dans toute communauté, certains hommes et certaines femmes ont de « longs bras ». Ces gens-là sont d’une nécessité permanente par le fait qu’ils connaissent les décideurs, et parce qu’ils y ont accès grâce à leur charisme, ils peuvent aisément obtenir de rendez-vous et faire avancer des dossiers là où d’autres restent souvent bloqués. Mais la vraie question est de savoir ce que ces personnes-là font souvent de cette influence.
J’ai fouillé dans l’Histoire récente de Koimbani, essayé d’y trier une ou quelques pages qui puissent me servir d’exemples où est-il question d’hommes d’influence locaux. Finalement je tombe sur une plus importante de ces pages-là : celle liée à la naissance du lycée de Koimbani qui m’apporte une réponse plus nette et empirique
En effet, on est vers les années 2007-2008. Alors que Koimbani traversait des tensions internes, le projet du lycée peinait à franchir les obstacles administratifs comoriens. C’est dans ce contexte que Dr Hachim Charif Abdérémane (Papa Houda), fort de son réseau national et international, prit directement contact avec Mohamed Abdouloihabi, alors président de l’île autonome de Ngazidja. Une rencontre fut de suite organisée au domicile de l’ancien president de l’île, à Iconi. Quelques personnalités Koimbaniennes y ont pris part, notamment feu Ali Abdoulhamid (Paix à son âme) qui y a livré un témoignage puissant et pertinent fort de son expérience d’instituteur et d’ancien député de la région, Moindzé Youssouf ancien haut cadre des Comores Télecom, Saïd Abdallah Mouigni Ousseine, ancien haut cadre de l’EDC (actuelle Sonelec) et Dr Hachim Charif Abdérémane. Cette démarche contribua à donner une impulsion décisive au projet.
Ce jour-là, Hachim n’a pas construit les murs du lycée que Koimbani a hissés mais il a contribué à ouvrir les portes qui ont permis qu’ils soient construits.
Aujourd’hui, une autre figure illustre cette même idée d’influence. Il s’agit du grand notable Ibrahima Cheha, membre de la diaspora, ancien cadre technique de la Poste en France qui a fait le choix de rentrer aux Comores à partir de 2019 et qui s’investit depuis dans la dynamique de Koimbani. Son retour traduit une volonté de mettre son expérience et ses relations au service du territoire.
Ces deux parcours posent une question essentielle à notre communauté : à quoi sert l’influence si elle ne profite qu’à celui qui la possède ?
Cette question est légitime lorsqu’on s’aperçoit que certains disposent de réseaux considérables, mais que leurs « longs bras » ne servent qu’à leurs intérêts personnels. D’autres choisissent de les tendre vers leur villes, leurs villages, leurs régions et les générations futures. Une communauté n’a pas besoin que tous ses enfants deviennent puissants. Elle a juste besoin que ceux qui le deviennent n’oublient pas d’où ils viennent.
Car un carnet d’adresses peut servir à obtenir beaucoup pour soi. Mais lorsqu’il ouvre une porte à toute une génération, il devient un bien commun. Mettre à profit ses longs bras pour autrui est cette qualité dont on a besoin pour le bien-être de toute une collectivité.

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